Émissions fugitives de méthane 90% plus élevées que prévues

Au début de la semaine, Le Devoir indiquait que l’exploration poursuit son cours à Anticosti.

Les hydrocarbures emprisonnés dans les strates géologiques de l’Île sont principalement composés de gaz naturel.

Les scénarios de développement de l’Île tablent sur le forage de milliers de puits et des investissements qui pourraient s’élever à plusieurs milliards de dollars, selon cette étude de Finance Québec.

Or, le bilan des connaissances environnementales sur les impacts environnementaux des hydrocarbures au Québec produit par le CIRAIG en décembre 2014 indiquait à l’égard des émissions fugitives que:

Il pourrait s’avérer que des émissions de méthane non contrôlées soient associées à la technique de fracturation hydraulique; il existe une dichotomie importante entre les études devant théoriquement arriver aux mêmes conclusions. Toutefois, il apparaît que l’évaluation des émissions à partir de mesures directes sur le terrain soit systématiquement plus faible que les estimations d’émissions fugitives calculées à partir de mesures de la concentration atmosphérique

Plus particulièrement à l’égard d’Anticosti, l’étude du CIRAIG indiquait:

il y a un manque de connaissances associées à cette région. Les éléments suivants représentent des éléments qui n’ont pas été évalués et qui devraient être considérés avant l’implantation de l’industrie sur Anticosti : (…)

  • L’estimation des émissions atmosphériques associées à l’exploration et l’exploitation ainsi que la dispersion de ces polluants dans l’atmosphère et de leurs effets

Ces constats apparaissent d’autant plus urgents à la lumière d’une toute récente étude scientifique publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, selon laquelle le développement des hydrocarbures non conventionnels dans le Shale de Barnett au Texas émet 90% plus de méthane que les estimés du US EPA. Il s’agit d’un élément particulièrement délicat dans un contexte de budget d’émissions de carbone limité (voir l’ÉEQ 2016 publié par Pierre-Olivier Pineau et son équipe hier, p.33) puisque:

Methane is 86 times more potent than CO2 as a greenhouse gas on 20-year timescales, and 34 times more powerful on 100-year timescales.

Ce contenu a été mis à jour le 9 décembre 2015 à 11 h 55 min.

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